3 March 2025

Job To Be Done : Le principe qui remet le client au centre de vos décisions

Josélito Tirados
Fondateur & Coach de Dirigeants

« Les gens n’achètent pas des perceuses. Ils achètent des trous. » – Theodore Levitt

Dans un environnement économique caractérisé par une accélération des cycles de vie produits, une saturation des marchés et une volatilité des comportements clients, les approches classiques de l’innovation atteignent leurs limites. C’est ici que la démarche Jobs To Be Done (JTBD) opère un renversement salutaire.

1. De la segmentation au progrès : une rupture épistémologique

Les approches traditionnelles se concentrent sur qui sont les clients et ce qu’ils disent vouloir. Le JTBD s’intéresse à ce que les gens essaient de faire dans une situation donnée.

« Customers don’t buy products for their features. They hire them to make progress in a given circumstance. » — Clayton Christensen

2. La véritable unité d’analyse : le “job”

Le progrès que le client cherche à accomplir peut être fonctionnel, émotionnel et social. Ainsi, un même produit peut répondre à des jobs radicalement différents selon le contexte.

3. Jobs stables, solutions évolutives

Les jobs sont stables dans le temps, les solutions ne le sont pas. Le job de “se divertir” est constant depuis des siècles. Les solutions ont évolué : théâtre, radio, télévision, TikTok.

4. Concurrence réelle ≠ marché perçu

Le JTBD invite à redéfinir les contours de la concurrence. La véritable compétition est toute solution, formelle ou informelle, qui permet au client de faire le job.

5. Vers une innovation prédictive et rentable

En structurant le job en étapes, on peut identifier les points de friction, prioriser les opportunités à fort impact, et créer des offres plus complètes et plus cohérentes.

Conclusion : une méthode de vérité orientée client

Adopter le JTBD, c’est changer radicalement sa manière de penser le client, l’innovation, la concurrence et la valeur. C’est passer de l’intuition à la structure, du produit au progrès.

Questions fréquentes

Commencer par distinguer les vraies divergences des fausses. Souvent, ce qui ressemble à un désaccord de fond est en fait un désaccord de formulation ou de priorité. Si après ce travail de clarification les divergences restent profondes, c’est une information précieuse — elle indique qu’il faut peut-être revoir les termes de l’association avant d’aller plus loin.

Oui, mais courte. Une vision efficace tient en un paragraphe, pas en un document de 10 pages. L’objectif est qu’elle soit mémorisée et utilisée, pas archivée. Certaines équipes fondatrices la formulent en une phrase « Big Hairy Audacious Goal » (BHAG) qui crystallise l’ambition à long terme, complétée par un court paragraphe qui détaille ce que ça implique concrètement.

En général, oui — une version adaptée. Les équipes ont besoin de sens, de direction, de comprendre pourquoi leur travail compte. Partager la vision (de manière engageante, pas en lisant un PDF) contribue à la rétention, à la motivation, et à la cohérence des décisions de terrain.

La vision à 10 ans n’est pas figée. Elle évolue quand le contexte change significativement (rupture technologique, changement de marché, événement majeur dans l’association). Sans événement déclencheur, une revue annuelle lors d’une journée de réalignement suffit pour vérifier que la vision reste pertinente et que tous les associés s’y reconnaissent toujours.

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