« Les gens n’achètent pas des perceuses. Ils achètent des trous. » – Theodore Levitt
Dans un environnement économique caractérisé par une accélération des cycles de vie produits, une saturation des marchés et une volatilité des comportements clients, les approches classiques de l’innovation atteignent leurs limites. C’est ici que la démarche Jobs To Be Done (JTBD) opère un renversement salutaire.
1. De la segmentation au progrès : une rupture épistémologique
Les approches traditionnelles se concentrent sur qui sont les clients et ce qu’ils disent vouloir. Le JTBD s’intéresse à ce que les gens essaient de faire dans une situation donnée.
« Customers don’t buy products for their features. They hire them to make progress in a given circumstance. » — Clayton Christensen
2. La véritable unité d’analyse : le “job”
Le progrès que le client cherche à accomplir peut être fonctionnel, émotionnel et social. Ainsi, un même produit peut répondre à des jobs radicalement différents selon le contexte.
3. Jobs stables, solutions évolutives
Les jobs sont stables dans le temps, les solutions ne le sont pas. Le job de “se divertir” est constant depuis des siècles. Les solutions ont évolué : théâtre, radio, télévision, TikTok.
4. Concurrence réelle ≠ marché perçu
Le JTBD invite à redéfinir les contours de la concurrence. La véritable compétition est toute solution, formelle ou informelle, qui permet au client de faire le job.
5. Vers une innovation prédictive et rentable
En structurant le job en étapes, on peut identifier les points de friction, prioriser les opportunités à fort impact, et créer des offres plus complètes et plus cohérentes.
Conclusion : une méthode de vérité orientée client
Adopter le JTBD, c’est changer radicalement sa manière de penser le client, l’innovation, la concurrence et la valeur. C’est passer de l’intuition à la structure, du produit au progrès.





