7 April 2025

Innover avec pertinence : Delphine, Roger et le syndrome «On se fait plaisir»

Josélito Tirados
Fondateur & Coach de Dirigeants

“L’innovation n’a de valeur que si elle répond à un Job.”

Delphine (CEO) et Roger (CTO) sont cofondateurs d’une scale-up SaaS B2B. Après une levée de fonds, leur équipe R&D lance un assistant IA prédictif. Trois mois de développement plus tard : zéro adoption client.

Le syndrome du miroir interne

“Nous pensons que ce serait génial, donc nos clients vont adorer.”

Cette posture à haut risque part de la solution, pas du besoin. Elle consomme des ressources sans garanties de ROI.

L’intervention JTBD : 3 jobs fondamentaux identifiés

Des entretiens JTBD révèlent ce que les clients essaient vraiment d’accomplir :

  • Éviter une rupture critique en production — le vrai job : “éviter des sanctions internes ou clients”
  • Prouver à sa direction qu’on négocie les meilleurs prix — le vrai job : “consolider son statut d’acheteur compétent”
  • Ne pas perdre de temps avec des relances multiples — le vrai job : “réduire la charge mentale opérationnelle”

Le pivot

Delphine et Roger arrêtent le projet IA et pivotent vers une fonctionnalité d’alerte personnalisée en cas d’anomalies sur les fournisseurs critiques. Résultat : 50% d’adoption en 2 mois.

Conclusion

“On n’innovera plus jamais sans parler aux clients d’abord.”

La méthode JTBD recentre les efforts sur des innovations qui résolvent de vrais problèmes, créent une adoption immédiate, et évitent les effets tunnel de 6 mois de développement pour rien.

Questions fréquentes

Commencer par distinguer les vraies divergences des fausses. Souvent, ce qui ressemble à un désaccord de fond est en fait un désaccord de formulation ou de priorité. Si après ce travail de clarification les divergences restent profondes, c’est une information précieuse — elle indique qu’il faut peut-être revoir les termes de l’association avant d’aller plus loin.

Oui, mais courte. Une vision efficace tient en un paragraphe, pas en un document de 10 pages. L’objectif est qu’elle soit mémorisée et utilisée, pas archivée. Certaines équipes fondatrices la formulent en une phrase « Big Hairy Audacious Goal » (BHAG) qui crystallise l’ambition à long terme, complétée par un court paragraphe qui détaille ce que ça implique concrètement.

En général, oui — une version adaptée. Les équipes ont besoin de sens, de direction, de comprendre pourquoi leur travail compte. Partager la vision (de manière engageante, pas en lisant un PDF) contribue à la rétention, à la motivation, et à la cohérence des décisions de terrain.

La vision à 10 ans n’est pas figée. Elle évolue quand le contexte change significativement (rupture technologique, changement de marché, événement majeur dans l’association). Sans événement déclencheur, une revue annuelle lors d’une journée de réalignement suffit pour vérifier que la vision reste pertinente et que tous les associés s’y reconnaissent toujours.

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