24 March 2025

Évoluer sans se perdre : François et le piège du sondage

Josélito Tirados
Fondateur & Coach de Dirigeants

“Un sondage n’est pas une preuve. Un ‘job’ bien compris, si.”

Dans la quête constante d’évolution produit, il est tentant de s’appuyer sur des sondages pour prendre des décisions rapides. Mais comme le montre le cas de François, fondateur d’une startup SaaS B2B en pleine croissance, mal interpréter ce que les clients disent vouloir peut mener à des erreurs coûteuses.

1. Quand les utilisateurs disent “on veut une app mobile”

Après une enquête de satisfaction, un résultat ressort massivement : “Nous aimerions une application mobile.”

L’équipe est galvanisée, les développeurs redéployés, et six mois plus tard une app mobile est lancée. Problème : le taux d’adoption est marginal. À peine 7% des comptes actifs s’y connectent une fois par mois.

2. Le piège du sondage

Les réponses à un sondage sont ambiguëS. Elles manquent de chronologie, de tension, de conséquences concrètes. Elles disent quoi, mais jamais pourquoi.

3. Ce que JTBD aurait permis d’identifier

Des entretiens JTBD auraient révélé que ce que les clients voulaient vraiment, c’était accéder à leurs tâches en déplacement — pas une app complète, mais un mode lecture rapide, un accès offline à quelques documents clés.

4. Le job avant la feature

Ce que ses clients cherchaient, ce n’était pas une “app” (solution), mais une capacité à rester opérationnels hors du bureau (job). Grâce à JTBD, François a conçu un accès simplifié mobile centré sur les cas d’usage réels — avec des résultats bien plus significatifs.

Conclusion

“Un sondage n’est pas une preuve. Un job bien compris, si.”

La méthode Jobs To Be Done ne rejette pas les sondages — elle les remet à leur juste place : après avoir identifié les vrais enjeux du client, pas avant.

Questions fréquentes

Commencer par distinguer les vraies divergences des fausses. Souvent, ce qui ressemble à un désaccord de fond est en fait un désaccord de formulation ou de priorité. Si après ce travail de clarification les divergences restent profondes, c’est une information précieuse — elle indique qu’il faut peut-être revoir les termes de l’association avant d’aller plus loin.

Oui, mais courte. Une vision efficace tient en un paragraphe, pas en un document de 10 pages. L’objectif est qu’elle soit mémorisée et utilisée, pas archivée. Certaines équipes fondatrices la formulent en une phrase « Big Hairy Audacious Goal » (BHAG) qui crystallise l’ambition à long terme, complétée par un court paragraphe qui détaille ce que ça implique concrètement.

En général, oui — une version adaptée. Les équipes ont besoin de sens, de direction, de comprendre pourquoi leur travail compte. Partager la vision (de manière engageante, pas en lisant un PDF) contribue à la rétention, à la motivation, et à la cohérence des décisions de terrain.

La vision à 10 ans n’est pas figée. Elle évolue quand le contexte change significativement (rupture technologique, changement de marché, événement majeur dans l’association). Sans événement déclencheur, une revue annuelle lors d’une journée de réalignement suffit pour vérifier que la vision reste pertinente et que tous les associés s’y reconnaissent toujours.

Articles similaires